La biodiversité est souvent abordée sous l’angle de la conservation de la nature. Dans les systèmes agricoles, elle constitue pourtant également une ressource fonctionnelle essentielle. Elle participe notamment à améliorer la fertilité et la santé des sols, renforcer la pollinisation, favoriser la régulation naturelle des ravageurs et améliorer la qualité écologique des paysages agricoles… pour ne citer que quelques exemples !
Pour Sol Vivant Méditerranée, favoriser la biodiversité agricole ne répond pas à un unique objectif environnemental et ne se résume pas à ajouter quelques aménagements écologiques autour des parcelles.
Nous considérons qu’il est nécessaire de repenser les systèmes de production en s’appuyant davantage sur le vivant. La biodiversité doit être perçue comme un atout et devenir un élément stratégique de la résilience et de la performance des exploitations agricoles.
Cela est d’autant plus pertinent dans le contexte méditerranéen, marqué par l’augmentation des sécheresses, des températures extrêmes et des événements climatiques de plus en plus intenses. Agir sur la biodiversité devient ainsi un levier important pour réduire la vulnérabilité des exploitations et accompagner leur adaptation.
Faire de la biodiversité une composante fonctionnelle des systèmes agricoles
Notre approche de la biodiversité se fait à plusieurs échelles, nous la considérons comme un continuum qui va du sol au paysage, en passant par les différents maillons de la chaîne trophique.
Biodiversité des sols
Le sol est un écosystème vivant. Champignons, bactéries, micro-organismes, vers de terre et autres organismes du sol participent à la décomposition de la matière organique, au cycle des nutriments, à la structuration du sol et à sa capacité à retenir et à infiltrer l’eau.
Nous accompagnons les agriculteurs dans la mise en place de pratiques permettant de restaurer et de maintenir cette biodiversité : réduction du travail du sol, couverture permanente, diversification des cultures, apport de matière organique, gestion des couverts et limitation des perturbations du fonctionnement biologique des sols…
Diversité des cultures et des productions
La diversification des systèmes de production constitue également un levier de résilience. Diversifier les espèces cultivées, les variétés, les rotations ou encore associer différentes cultures permet de réduire certaines dépendances et de mieux répartir les risques agronomiques, climatiques et économiques.
Nous nous intéressons notamment à la place des variétés locales ou adaptées au contexte méditerranéen, aux espèces sous-utilisées ainsi qu’aux associations et aux complémentarités entre productions.
Biodiversité fonctionnelle
Toutes les espèces présentes dans une ferme ne jouent pas le même rôle. Si certaines peuvent s'avérer problématiques, d'autres contribuent directement au fonctionnement de l’agroécosystème : pollinisateurs, prédateurs et parasitoïdes des ravageurs, organismes décomposeurs, espèces participant aux cycles des nutriments, etc.
L’objectif est donc de favoriser une biodiversité fonctionnelle, capable de fournir des services écosystémiques utiles à l’agriculture, tout en réduisant progressivement la dépendance aux intrants et aux interventions extérieures.
Cette biodiversité fonctionnelle étant dépendante de la diversité des habitats disponibles dans et autour des parcelles, nous accompagnons les agriculteurs dans la préservation, la restauration et la création d’infrastructures agroécologiques (IAE) adaptées à leur exploitation et à leur territoire :

- haies et bosquets ;
- arbres isolés et agroforesterie ;
- mares et zones humides ;
- bandes enherbées et bandes fleuries ;
- murets et autres éléments du petit patrimoine rural ;
- refuges pour la petite faune ;
- aménagements favorables aux oiseaux, aux chauves-souris et aux pollinisateurs ;
- restauration des continuités écologiques entre les différents habitats.
Ces aménagements ne sont pas considérés comme des éléments isolés du système de production. Leur localisation, leur complémentarité et leur connexion avec les autres éléments du paysage sont essentielles pour maximiser leurs fonctions écologiques.
De la parcelle au paysage
Une ferme ne fonctionne pas seule et les processus écologiques dépassent largement les limites cadastrales d’une exploitation. De ce fait, et bien que plus difficiles à mettre en œuvre, nous développons des actions permettant de travailler sur la biodiversité selon des approches globales, transversales et multithématiques, à des échelles plus larges : groupes d’exploitations, bassins versants, entités paysagères, bassins de production…
À l’échelle du territoire, nous pouvons notamment conseiller et travailler avec les acteurs politiques et techniques (syndicats de rivières, collectivis…) sur :
- la continuité des habitats et la restauration d’une mosaïque de milieux ;
- la complémentarité entre les différents milieux agricoles et naturels ;
- la gestion des écoulements et des zones humides.
Cette approche conduit à considérer le paysage agricole comme un agroécosystème, dans lequel les différents éléments contribuent ensemble au fonctionnement et à la résilience du territoire.
Observer, expérimenter, mesurer et accompagner
Au quotidien, cette approche se manifeste par l’observation de terrain et l’expérimentation avec les agriculteurs. Notre rôle est de faire le lien entre les connaissances scientifiques, les réalités des exploitations et l’expérimentation de terrain.
Selon les projets et les demandes, nous pouvons proposer :
- des inventaires et des observations naturalistes (biodiversité aérienne et biodiversité du sol) ;
- des diagnostics agroécologiques des exploitations, avec la caractérisation des IAE et la mise en place d’accompagnements individuels ou collectifs ;
- le déploiement d’expérimentations spécifiques, avec un suivi des pratiques et de leurs effets dans l’espace et dans le temps ;
- des formations, des journées techniques et des visites d’exploitations à destination des agriculteurs.
L’objectif, outre la montée en compétence du monde agricole sur ces thématiques, est de produire des références utiles aux agriculteurs et de mieux comprendre les relations entre diversité biologique, fonctionnement des écosystèmes, performances agricoles et résilience.
Nous privilégions une démarche de recherche-action et de co-conception : les solutions sont construites avec les agriculteurs, à partir de leurs contraintes, de leurs objectifs et des caractéristiques écologiques et économiques de leur territoire.
Notre ambition est ainsi de contribuer à la construction d’agroécosystèmes diversifiés et fonctionnels, dans lesquels la biodiversité devient un véritable levier de résilience, de performance et d’adaptation au changement climatique.